Hortus Conclusus

Publié le par jelk

tn Licorne

tapisserie de la dame à la licorne "l'ouïe" photo Jalm, cliquez sur l'image

 

C'est à travers le bois abrîtant la licorne,
qu'apparaît, dans la lumière gothique et morne,
le grand portail de Saint-Benoît-le-Bétourné
contre lequel François s'est encore adossé.

Force est alors, à l'instar d'Alain, de franchir
plessis et treillages recouverts d'églantiers
pour atteindre ainsi le carré du ménagier
où là, pousse tout ce qu'au pot on pourra cuire.

Bordées de platelages les simples embaument
l'air du courtil où s'égaillent nombre d'arômes
de sauge, hysope, mélisse, tanaisie,
herbe de Rutebeuf, menthe, rue et souci.

Arrivé au préau on entend la fontaine
divisant le verger en un nouvel Eden
où le roseau d'argent devient l'arbre de vie
et où l'Adam bossu médite sur son dit.

Au jardin d'amour assise sur la banquette
Christine se sent toujours plus ou moins seulette
blâmant, de la rue saint Jacques,  le résident 
qui de la rose fit l'objet de son roman.

Entre fraisier, muguet, ancolie et iris,
dans "l'hortus conclusus", Guillaume s'est cloîtré
pour composer sa musique à la fiancée
du cantique des cantiques, la dame au lys.

 

de Jean-Luc Aotret




Publié dans monts et vaux

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