Le temps

Publié le par jelk

tn_Temps-copie-1.jpg

le temps, jardin baroque de Valsanzibio, cliquez sur l'image

 

Pendant que Saturne est président de ses choses,
certains autres voudraient bien, suspendre son vol,
chanter pour qu'il passe et puis pourquoi pas ? (Ils osent...)
le voir tel un joueur avide, sans alcools.

Il s'en va dans les plaisirs et le sage en rit.
L'oreille au couvercle, c'est toujours minuit qui
le compte
de ses douze coups imperturbables.
Esope a bien raison de nous conter sa fable

où celui-là même résoudra le problème
du renard au ventre gonflé, emprisonné
dans l'arbre. Pour Wilhelm, il est toujours passé,
il a l'odeur des bruyères que le vent sème

par dessus les tombes et léger il s'enfuit.
Passant par des portes que lui ouvre Janus,
il court dans le sable de calendes en féries.
Au solstice, allongeant le pas d'un saut de puce,

il se costume comme un bonhomme d'hiver.
Tout vilain de froidure et de pluie recouvert,
il arrive en juin sous l'aspect d'un lutin
aussi beau qu'Attis qui refleurit sous le pin.

Puck d'une nuit d'été, il bouscule les roses,
effraie la pucelle et soumet le voyageur,
emmenant, bon gré mal gré, chacun à son heure,
à travers l'inéluctable métamorphose.

de Jean-Luc Aotret

Publié dans monts et vaux

Commenter cet article

Claudie 21/05/2014 20:04


Une bien agréable baguenaude littéraire et plus largement artistique sur le Temps aux références magistrales! Ma ballade a passé si vite en la parcourant! Superbe! Jean-Luc! Je me suis régalée!
Une riche idée si bien servie par un talent de poète !

Amitiés

Claudie