Dimanche 7 décembre 2008
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En réponse au défi de Charles d'Orléans :
Je meurs de soif auprès de la fontaine,
Froid sous la coiffe en un harnois ardent ;
Vaillant et preux tremble en forêt lointaine,
Trop hasardeux et pourtant très prudent ;
Rien ne m'est clair mais tout est évident,
De blancs éclairs assombrissent le soir ;
Sereine fée, coléreux taureau noir,
Ce songe fais, plus éveillé qu'aucun ;
Me suis levé juste au moment de choir,
Fortune sait ce qu'ignore chacun.
Rien n'est plus faux qu'un vrai croque-mitaine,
Bon s'il le faut tel méchant président ;
Absent des lieux sa présence est certaine,
Géant haineux, il vous aime à sa dent ;
Ce qui s'en suit a eu un précédent,
Et j'entrevois ce que je crains de voir ;
Espérance ai quand m'atteint désespoir,
N'ai nul souci inquiet comme pas un ;
L'inculte croit l'érudit sans savoir,
Fortune sait ce qu'ignore chacun.
N'ai nulle envie désir m'est capitaine ;
Chez moi je suis tel serait résident,
Bien prétentieux en sa quête incertaine,
Tentant le sort redoutant l'accident ;
Je joue le jeu et me veux dissident,
Jouant encore alors qu'il faut surseoir ;
Je fais le vœu de n'en pas plus vouloir,
Dans ma folie sage suis pour quelqu'un ;
Le temps s'enfuit je reste en son pouvoir,
Fortune sait ce qu'ignore chacun.
Prince je suis libre de tout devoir,
Non possédé par le démon d'avoir ;
Héros discret du merveilleux commun,
Suis devant et derrière le miroir ;
Fortune sait ce qu'ignore chacun.
de Jean-Luc Aotret à Jean de Couldrette
Par jelk
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Publié dans : ballades
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