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La baguenaude :

le mot provient du languedocien "baganaudo" désignant le fruit du baguenaudier, un arbre courant dans le midi de la France. Ce fruit étant constitué d'une gousse pleine d'air qui éclate en faisant du bruit, il est devenu le symbole de la sotte plaisanterie et de la bagatelle. C'est pourquoi on le retrouve comme nom d'une forme poétique médiévale décriée et flottante, fondée sur le non sens et composée d'assonances fantaisistes. Par la suite il donnera le verbe baguenauder qui signifie flâner, se promener sans but.

Les baguenaudes sont
des couplets faits à volonté,
dont les vers ont
un mètre déterminé,
mais qui sont
sans rime ni raison.


L’art de la Rhétorique (1493)
Jean Molinet

quant à moi, j'utilise sciemment cette forme moyenâgeuse assez imprécise avec beaucoup de liberté, utilisant à dessein les deux sens que recouvre actuellement le terme français en m'imposant la contrainte supplémentaire d'y glisser systématiquement le nom du lieu de la "baguenaude/flânerie". En fait c'est un prétexte au jeu et à la dérision poétique où la règle reste secondaire. Je pense que c'était vraisemblablement l'esprit des baguenaudeurs du XVème, en tout cas c'est le mien aujourd'hui !
de Jean-Luc Aotret
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Dimanche 15 avril 2007

J'ai vu Roi de Hongrie
faisant splendide apprêt
de grande galanterie
et, Seigneur plein de gloire,
siéger à un festin
en nuptial atour.
On le trouva en bière,
on ne sut par quel tour !

Jean Molinet (1435-1507) Recollection des merveilles advenues

par jelk publié dans : baguenaudes
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Dimanche 8 avril 2007

Jardin d’un autre temps
Courtil initiatique
Horticole écliptique
Qui jalonne les ans
De l’Eden à l’hiver
Du printemps à l’Enfer
Tu nous fais découvrir
Des vertus aux désirs
Du verger au préau
Par la vue l’arôme ou
Les simples et le goût
Face aux buis d’Emilie
La fontaine dont l’eau
Nous dispense la vie

de Jean-Luc Aotret (Nice 02/07)

par jelk publié dans : baguenaudes de Nice
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Mardi 3 avril 2007

J'ai vu clerc de village
mangeant un gros raton,
une poule volage,
un quartier de mouton,
du pain à pourvoyance
le tout dans les boyaux.
Ne sais comment sa panse
ne se rompit en morceaux !

Jean Molinet (1435-1507) Recollection des merveilles advenues

par jelk publié dans : baguenaudes
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Dimanche 25 mars 2007

" Iras maris frangit "
Cette mer agitée
Erasme l'a calmée
Sans aucun autre rite
Sur le rocher un ange
Nous dit le lieu du temps
Dans un décor étrange
Pallas nous y attend
Sous son manteau de nuit
La vierge prend pitié
Des pèlerins contrits
Déposant à leurs pieds
L'obole inattendue
De quelque argent perdu

Jean-Luc Aotret (Nice 02/07)

par jelk publié dans : baguenaudes de Nice
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Samedi 17 mars 2007

J'ai vu comète horrible
comme vierge pointant,
effrayante, terrible,
grande, furieuse, ardant,
sur le Rhin, vers Cologne,
jetant l'or de son dard
et le duc de Bourgogne
y planter l'étendard.

 

Jean Molinet (1435-1507) Recollection des merveilles advenues

 

 

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Lundi 5 mars 2007

 

  "Saint Blaise" sclupture de Jean-Pierre Augier

www.lamaisonduportal.free.fr

Fille d’un levensan

Façonneur de métaux

Elle porte ses seaux

Ses cheveux dans le vent

Cette samaritaine

Au ferrique giron

Prestement nous emmène

Découvrir dans les monts

La fontaine saint Blaise

Et le rouge moutier

Des sœurs de Castagniers

Qui ne vous en déplaise

Préservent le coteau

Des faiseurs de hameaux

de Jean-Luc Aotret (Nice 02/07)

 

"La Source" sclupture de Jean-Pierre Augier 

 

par jelk publié dans : baguenaudes de Nice
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Dimanche 25 février 2007

Voici une baguenaude morbidement optimiste en 21 hexamètres...
 
Le grand défi

À Jean-Luc Aotret

Rien ne sert de mourir.
Il faut un coin de mousse
où reposer son chef
ou une pierre douce
en guise d’oreiller
pour ne plus s’alarmer.
Avoir toute sa tête
près du bonnet glacé
ne remplacera pas
le franc croque-monsieur
saupoudré de chaux vive.
Car à la Saint-Humus
le festin bat son plein
envers et contre tous.
Le grand Générateur
nous passera le sel
en pourvoyeur zélé.
Sans amasser de bague
– nos deux mains lasses veillent –
jusqu’à une autre aurore
Il triera son trésor.

© Olivier Cousin, 2007

par jelk publié dans : baguenaudes
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Dimanche 18 février 2007

Emportant dans son nom
Un air d'enclos breton
Il revient au vieux Nice
Où les oublis s'immiscent
Dans les bruits de vaisselle
Jusqu'à la Place-Vieille
Il parcourt les ruelles
D'une enfance au soleil
Par delà le marché
Et ses parfums d'été
Enfin lui apparaît
Le rivage outre-mer
Quelques morceaux de verre
Perdus dans les galets

de Jean-Luc Aotret (Nice 02/97)

par jelk publié dans : baguenaudes de Nice
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Mardi 13 février 2007

J'ai vu des loups sauvages
qui occirent un lion

garder sur les rivages
des agneaux par millions.
Moutons, loups et brebielles
s'accordèrent enfin
pour peigner les oreilles
au renard rouge et fin.

Jean Molinet (1435-1507) extrait de "Recollection des merveilles advenues"

par jelk publié dans : baguenaudes
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Vendredi 2 février 2007

Voici pour inaugurer ce blog, tout entier consacré à la baguenaude, un texte de Jehan Wissocq qui, semble t’il, fut champion en la matière :

Qui veut très bien plumer son coq,1

Bouter le fault en un houseau.2

Qui boute sa teste en un saq,

Il ne voit goute par le trau.3

Sergens prennent gens par le nez

Et moustarde par les deux bras.

Plus tost queurt le soleil a pièt 4

Que ne fait le lièvre à cheval.

Pour quoy fait on tant de harnas 5

Quant les gens sont armez d’escaille ?

Se vous avez mauvaise femme,

Boutez sa teste en un soufflet,

S’en faittes un maillet de saulch ;6

Jamais plus ne sera mehault.7

1 « Qui veut… » : si l’on veut

2 fault : faucon ; houseau : sorte de chausse

3 trau : forme dialectale de trou

4 queurt : court du verbe queurre courir

5 harnas pour harnois : armure

6 S’en faites… : faites-en donc ; Saulch pour sals : saule

7 mehault : infidèle

 

 

 

 

par jelk publié dans : baguenaudes
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